{"id":15258,"date":"2016-05-25T16:15:14","date_gmt":"2016-05-25T15:15:14","guid":{"rendered":"http:\/\/cedej.fr\/?p=15258"},"modified":"2016-11-08T10:04:33","modified_gmt":"2016-11-08T09:04:33","slug":"focus-le-partage-des-eaux-du-nil-entre-egypte-soudan-et-ethiopie-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cedej-old.hybrid-cs.com\/index.php\/2016\/05\/25\/focus-le-partage-des-eaux-du-nil-entre-egypte-soudan-et-ethiopie-2\/","title":{"rendered":"Focus &#8211; Le partage des eaux du Nil entre Egypte, Soudan et Ethiopie (2)"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00a9 Ang\u00e9lique Palle<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Cet article est la suite d\u2019une revue de presse th\u00e9matique.<br class=\"autobr\" \/>Retrouvez le premier article\u00a0:\u00a0<a class=\"spip_out\" href=\"https:\/\/cedej-old.hybrid-cs.com\/index.php\/2016\/05\/25\/focus-le-partage-des-eaux-du-nil-entre-egypte-soudan-et-ethiopie-1\/\">&#8220;Focus, Le partage des eaux du Nil entre Egypte, Soudan, Ethiopie (1)&#8221;<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 23 mars 2015, l\u2019Egypte, l\u2019Ethiopie et le Soudan ont sign\u00e9, \u00e0 Khartoum,\u00a0<a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/egrev.hypotheses.org\/1241\" rel=\"external\">un accord<\/a>, consid\u00e9r\u00e9 comme historique, relatif au barrage Renaissance construit par Addis-Abeba sur le Nil bleu, l\u2019affluent majeur du Nil. Cet accord dit de \u00ab\u00a0principe\u00a0\u00bb doit servir de base de travail \u00e0 l\u2019\u00e9laboration d\u2019un trait\u00e9 plus d\u00e9taill\u00e9 sur le barrage Renaissance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Moins d\u2019un mois plus tard, les ministres en charge de l\u2019Eau de chaque pays, r\u00e9unis \u00e0 Addis-Abeba,\u00a0<a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/english.ahram.org.eg\/NewsContent\/1\/0\/127328\/Egypt\/0\/Egypt,-Ethiopia-and-Sudan-agree-on-firms-to-conduc.aspx\" rel=\"external\">annon\u00e7aient<\/a>\u00a0avoir enfin choisi les deux cabinets de consultants devant fournir des \u00e9tudes relatives aux cons\u00e9quences de l\u2019\u00e9dification du barrage \u00e9thiopien. Le choix de ce comit\u00e9 d\u2019experts internationaux avait \u00e9t\u00e9 longtemps une pierre d\u2019achoppement entre les trois pays, les conclusions de ce comit\u00e9 \u00e9tant essentielles pour la suite des n\u00e9gociations. En effet, l\u2019accord du 23 mars 2015 indiquait que les \u00e9tudes compl\u00e9mentaires sur les impacts social, \u00e9conomique et hydraulique du futur barrage d\u00e9termineraient la n\u00e9gociation d\u2019un accord final entre les trois pays. Pourtant, malgr\u00e9 cet accord de principe qui impose ces \u00e9tudes d\u2019impact, le gouvernement \u00e9thiopien n\u2019a pas stopp\u00e9 les travaux de construction du barrage, un arr\u00eat r\u00e9clam\u00e9 par la partie \u00e9gyptienne. Le ministre \u00e9gyptien de l\u2019Eau et de l\u2019Irrigation a donc pr\u00e9cis\u00e9 que les deux cabinets devraient terminer leurs \u00e9tudes dans un d\u00e9lai de onze mois.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">R\u00e9cemment, deux universitaires du M.I.T ont publi\u00e9 dans le\u00a0<a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/www.nytimes.com\/2015\/09\/29\/opinion\/how-to-share-water-along-the-nile.html?_r=0\" rel=\"external\">New York Times<\/a>\u00a0une tribune revenant sur les caract\u00e9ristiques propres au Nil bleu et sur les enjeux de ces n\u00e9gociations multilat\u00e9rales. Dans un premier temps, les deux auteurs d\u00e9taillent les quantit\u00e9s d\u2019eaux en question et soulignent que le d\u00e9bit de cet affluent est aussi irr\u00e9gulier que le sont les pr\u00e9cipitations en Ethiopie. Pour cette raison, le barrage Renaissance devrait b\u00e9n\u00e9ficier au Soudan, car, rappellent-ils, ce pays est toujours soumis aux al\u00e9as des crues, parfois d\u00e9vastatrices, du Nil bleu. D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, ils entrevoient pour l\u2019Egypte la possibilit\u00e9 d\u2019acheter l\u2019\u00e9nergie produite par le barrage en compensation des pertes en eau induites par sa construction. Mais, plus important \u00e0 leurs yeux, cet \u00e9v\u00e8nement doit \u00eatre l\u2019occasion de repenser le syst\u00e8me de gestion du bassin \u00e0 l\u2019\u00e9chelle globale. L\u2019Initiative pour le Bassin du Nil, une organisation r\u00e9gionale<span class=\"spip_note_ref\">\u00a0[<a id=\"nh1\" class=\"spip_note\" title=\"Cette organisation r\u00e9gionale est n\u00e9e en 1999 et regroupe les dix pays situ\u00e9s\u00a0(...)\" href=\"https:\/\/cedej-old.hybrid-cs.com\/spip.php?article842#nb1\" rel=\"footnote\">1<\/a>]<\/span>, pourrait \u00eatre le moyen par lequel les Etats riverains coordonnent leur action gr\u00e2ce \u00e0 des proc\u00e9dures communes et \u00e0 une expertise technique et scientifique impartiale. Plus de sept mois apr\u00e8s la signature de l\u2019accord du 23 mars 2015, il para\u00eet opportun de revenir sur l\u2019\u00e9volution de ce dossier qui n\u2019est toujours pas clos.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Des d\u00e9buts plac\u00e9s sous le signe de l\u2019entente<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s avril 2015, les relations entre les gouvernements \u00e9gyptien et \u00e9thiopien semblaient marquer une nette am\u00e9lioration, comme l\u2019attestent alors les\u00a0<a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/english.ahram.org.eg\/NewsContent\/1\/0\/129164\/Egypt\/0\/Ethiopian-foreign-minister-arrives-in-Cairo-for-mo.aspx\" rel=\"external\">rencontres<\/a>\u00a0r\u00e9guli\u00e8res de responsables des trois pays. Il convient de noter que les n\u00e9gociations tripartites ne sont men\u00e9es ni par les ministres des Affaires \u00e9trang\u00e8res, ni par les ministres de l\u2019Agriculture. Ces discussions regroupent les ministres de \u00ab\u00a0l\u2019Eau, de l\u2019Irrigation et (sauf pour l\u2019Egypte) de l\u2019Electricit\u00e9\u00a0\u00bb de chaque pays. Cette repr\u00e9sentation en dit beaucoup sur la mani\u00e8re dont les trois pays per\u00e7oivent leur r\u00f4le concernant les eaux du Nil\u00a0: les Etats g\u00e8rent, organisent et distribuent l\u2019eau, g\u00e9n\u00e9ralement par l\u2019interm\u00e9diaire de syst\u00e8mes de canaux et se servent aussi du fleuve pour produire de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis la signature de l\u2019accord du 23 mars et la s\u00e9lection commune des bureaux de consultants en charge des \u00e9tudes d\u2019impacts du barrage, l\u2019Egypte et l\u2019Ethiopie ont tenu \u00e0 afficher le r\u00e9chauffement sensible de leurs relations dans plusieurs domaines. Dans le champ s\u00e9curitaire, le pr\u00e9sident \u00e9gyptien est all\u00e9 personnellement accueillir, \u00e0 l\u2019a\u00e9roport du Caire, 27 travailleurs \u00e9thiopiens, chr\u00e9tiens, qui \u00e9taient retenus en Libye et avaient \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9s avec le concours de l\u2019Etat \u00e9gyptien.\u00a0<a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/english.ahram.org.eg\/NewsContent\/1\/0\/129641\/Egypt\/0\/Egypts-ElSisi-greets-freed-Ethiopian-workers-fleei.aspx\" rel=\"external\">Les journalistes<\/a>\u00a0ont voulu voir dans cet \u00e9v\u00e9nement, tr\u00e8s m\u00e9diatis\u00e9, le signe d\u2019une am\u00e9lioration notable des relations \u00e9gypto-\u00e9thiopiennes. Sur le plan \u00e9conomique, la tr\u00e8s importante conf\u00e9rence \u00e9conomique de Charm el-Cheikh (juin 2015) a \u00e9t\u00e9 une autre\u00a0<a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/english.ahram.org.eg\/NewsContent\/1\/0\/132436\/Egypt\/0\/Egypt,-Sudan-and-Ethiopia-agree-to-form-supreme-tr.aspx\" rel=\"external\">occasion<\/a>\u00a0de mettre en avant ce nouvel esprit de coop\u00e9ration. Soudan, Ethiopie et Egypte ont d\u00e9cid\u00e9 de profiter de l\u2019\u00e9v\u00e9nement pour renforcer leur coop\u00e9ration \u00e9conomique et cr\u00e9er le conseil supr\u00eame aux affaires \u00e9conomiques et politiques communes. Cette harmonie entre l\u2019Egypte et l\u2019Ethiopie peut \u00e9tonner, au vu de leurs rapports qui, historiquement, ont toujours \u00e9t\u00e9 mauvais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les retomb\u00e9es positives de l\u2019accord de principe semblent \u00e9galement toucher l\u2019atmosph\u00e8re dans laquelle se d\u00e9roulent les n\u00e9gociations, puisque les trois pays parviennent \u00e0 surmonter sans heurt certains obstacles. En effet, le journal\u00a0<i>Ahram Online<\/i>, qui alimente tr\u00e8s r\u00e9guli\u00e8rement sa page web sur l\u2019avancement des n\u00e9gociations,\u00a0<a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/english.ahram.org.eg\/NewsContent\/1\/0\/132762\/Egypt\/0\/Tripartite-meeting-to-be-held-in-Cairo-to-discuss-.aspx\" rel=\"external\">annonce<\/a>, le 14 juin 2015, que le Caire accueillerait une nouvelle r\u00e9union multilat\u00e9rale, le 22 juin suivant, pour recevoir les entreprises de consultants qui n\u2019avaient pas pu respecter une \u00e9ch\u00e9ance en mai pr\u00e9c\u00e9dent. On y apprend que l\u2019une des soci\u00e9t\u00e9s choisies est un bureau de conseil fran\u00e7ais en ing\u00e9nierie, Artelia, ce qui s\u2019av\u00e8rera inexact par la suite. L\u2019article semble indiquer que les trois pays attendent d\u00e9j\u00e0 les premi\u00e8res conclusions de l\u2019\u00e9tude d\u2019impact du barrage Renaissance, mais il s\u2019agirait en fait, explique un officiel \u00e9gyptien, de r\u00e9cup\u00e9rer un \u00ab\u00a0rapport r\u00e9vis\u00e9 technique\u00a0\u00bb qui puisse r\u00e9pondre aux requ\u00eates des trois pays. Les r\u00e9unions r\u00e9guli\u00e8res, \u00e0 peu pr\u00e8s toutes les deux semaines, s\u2019encha\u00eenent (<a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/english.ahram.org.eg\/NewsContent\/1\/0\/134492\/Egypt\/0\/No-accord-in-Renaissance-Dam-tripartite-meetings,-.aspx\" rel=\"external\">ici<\/a>\u00a0et\u00a0<a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/english.ahram.org.eg\/NewsContent\/1\/0\/135687\/Egypt\/0\/Ethiopias-Renaissance-Dam-talks-to-resume-in-Khart.aspx\" rel=\"external\">l\u00e0<\/a>) sans apporter plus d\u2019explications sur ce qu\u2019attendent vraiment les trois pays des deux soci\u00e9t\u00e9s de conseil. On apprend, tout au plus, que les pays discutent des \u00ab\u00a0aspects techniques\u00a0\u00bb de ces \u00e9tudes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/english.ahram.org.eg\/NewsContent\/1\/0\/136445\/Egypt\/0\/Egypts-irrigation-minister-unveils-new-roadmap-for.aspx\" rel=\"external\">Mercredi 28 juillet<\/a>, le ministre \u00e9gyptien de l\u2019Eau et de l\u2019Irrigation, Hossam Moghazy, explique que les trois pays ont r\u00e9ussi \u00e0 s\u2019entendre sur la m\u00e9thodologie utilis\u00e9e pour faire ces \u00e9tudes d\u2019impact et ont r\u00e9gl\u00e9 de nombreux d\u00e9tails techniques. On d\u00e9couvre \u00e9galement que 70% de l\u2019\u00e9tude sera confi\u00e9e au cabinet fran\u00e7ais et que les 30% restant \u00e9choiront \u00e0 l\u2019autre cabinet, n\u00e9erlandais. En r\u00e9alit\u00e9, depuis le mois d\u2019avril, date \u00e0 laquelle les trois Etats avaient r\u00e9ussi \u00e0 s\u2019entendre sur le choix des entreprises qui effectueraient les \u00e9tudes d\u2019impact, les gouvernements n\u00e9gocient non pas sur les premiers r\u00e9sultats des deux firmes, mais sur la r\u00e9partition des t\u00e2ches entre elles. Quatre mois apr\u00e8s la signature en grande pompe de l\u2019accord de principe, ces \u00e9tudes d\u2019impact, indispensables pour poursuivre les n\u00e9gociations, n\u2019ont toujours pas d\u00e9but\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Des \u00e9tudes dont l\u2019int\u00e9r\u00eat risque d\u2019\u00eatre compromis<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plusieurs personnalit\u00e9s \u00e9gyptiennes ont, d\u00e9but juillet 2015, exprim\u00e9 dans la\u00a0<a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/weekly.ahram.org.eg\/News\/12776\/17\/More-meetings,-no-outcome--.aspx\" rel=\"external\">presse<\/a>\u00a0leur r\u00e9serve sur le d\u00e9roulement des n\u00e9gociations. Un diplomate \u00e9gyptien, sous anonymat, expliquait aux journalistes d\u2019<i>Al-Ahram Weekly<\/i>, qu\u2019en d\u00e9pit des gestes de bonne volont\u00e9 de la part de l\u2019Egypte, l\u2019Ethiopie ne jouait pas le jeu et que les n\u00e9gociateurs \u00e9thiopiens se contentaient de venir aux r\u00e9unions pour donner le change. Le diplomate exprimait alors un sentiment d\u00e9j\u00e0 partag\u00e9, avant la signature de l\u2019accord du 23 mars 2015, par plusieurs personnalit\u00e9s \u00e9gyptiennes. Pour plusieurs analystes, si les discussions n\u2019avancent pas, c\u2019est que l\u2019Ethiopie ne souhaite pas r\u00e9ellement n\u00e9gocier, mais juste gagner du temps pour imposer un fait accompli. Pour le diplomate, le risque est que l\u2019Egypte se retrouve \u00e0 n\u00e9gocier sur \u00ab\u00a0l\u2019impact d\u2019un barrage d\u00e9j\u00e0 construit\u00a0\u00bb. L\u2019ancien ministre \u00e9gyptien de l\u2019Eau et de l\u2019Irrigation,\u00a0<a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/english.ahram.org.eg\/NewsContent\/1\/0\/138190\/Egypt\/0\/QA-Former-Egyptian-irrigation-minister-discusses-G.aspx\" rel=\"external\">Mohamed Nasr Allam<\/a>, qui nourrit les m\u00eames r\u00e9serves \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la loyaut\u00e9 du gouvernement \u00e9thiopien, estime que les r\u00e9sultats des \u00e9tudes n\u2019arriveront pas dans onze mois, mais plut\u00f4t dans deux ans. Plusieurs raisons l\u2019am\u00e8nent \u00e0 penser que des divergences de vue entre l\u2019Egypte et ses partenaires vont retarder la fin de ces \u00e9tudes. Parmi ces raisons, il y a le refus de la part de l\u2019Ethiopie, soutenue par le Soudan, d\u2019int\u00e9grer aux \u00e9tudes d\u2019impact la question de la hauteur du barrage qui permettrait, selon l\u2019Egypte, de voir si des alternatives existent. Mohamed Nasr Allam accuse donc le ministre \u00e9gyptien actuel d\u2019avoir donn\u00e9 un blanc seing au projet d\u2019Addis-Abeba. L\u2019ancien ministre propose plut\u00f4t de demander \u00e0 l\u2019Ethiopie d\u2019arr\u00eater la construction du barrage lorsque celui-ci aura atteint 120 m\u00e8tres de hauteur, car, selon certaines \u00e9tudes, \u00e9lever la hauteur de l\u2019\u00e9difice ne permettrait pas d\u2019augmenter sa production hydro\u00e9lectrique. Une fois les \u00e9tudes termin\u00e9es, les trois pays reprendraient les n\u00e9gociations sur le barrage Renaissance, avant de discuter d\u2019un accord plus g\u00e9n\u00e9ral de \u00ab\u00a0coop\u00e9ration et de coordination\u00a0\u00bb sur l\u2019ensemble des barrages \u00e9thiopiens. De son c\u00f4t\u00e9, Hani Raslan, chercheur au Centre pour les Etudes Politiques et Strat\u00e9giques de la fondation Al-Ahram (CEPS), critique la gestion de ce dossier par le minist\u00e8re \u00e9gyptien de l\u2019Eau et de l\u2019Irrigation qui ne cesserait de parler de pr\u00e9tendus \u00ab\u00a0progr\u00e8s\u00a0\u00bb \u00e0 chaque r\u00e9union alors que les r\u00e9unions continuent sans succ\u00e8s. Plus inqui\u00e9tant, le chercheur explique que ces r\u00e9unions multilat\u00e9rales ne n\u00e9gocient pas sur le fond du probl\u00e8me. Il conviendrait, selon lui, de n\u00e9gocier sur ce qui est ou n\u2019est pas un danger pour l\u2019Egypte. Ainsi, si les \u00e9tudes montrent que l\u2019Egypte perd 10 milliards de m\u00e8tres cubes d\u2019eau, par exemple, l\u2019Ethiopie pourrait pr\u00e9tendre que cela ne repr\u00e9sente pas un danger. D\u2019autant que l\u2019Ethiopie, rappelle-t-il, ne reconna\u00eet toujours pas l\u2019actuel quota d\u2019eau de l\u2019Egypte, 55 milliards de m\u00e8tres cubes d\u2019eau, fix\u00e9 par l\u2019accord sur le partage des eaux du Nil de 1959.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans un\u00a0<a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/hebdo.ahram.org.eg\/NewsContent\/1086\/1\/130\/12269\/Alaa-Yassin-l%E2%80%99Egypte-d%C3%A9fend-ses-droits-historiques.aspx\" rel=\"external\">entretien<\/a>, accord\u00e9 au journal francophone\u00a0<i>Al-Ahram Hebdo<\/i>, un conseiller du ministre de l\u2019Eau et de l\u2019Irrigation \u00e9gyptien, Alaa Yassin, tente, fin juillet, de clarifier la position du Caire. Face aux critiques, ce dernier admet que \u00ab\u00a0g\u00e9n\u00e9ralement les \u00e9tudes de faisabilit\u00e9 sont effectu\u00e9es avant le d\u00e9but des projets\u00a0\u00bb et rappelle que l\u2019Ethiopie a d\u00e9marr\u00e9 les travaux en avril 2011, au moment o\u00f9 la r\u00e9volution \u00e9gyptienne battait son plein. A la question de savoir s\u2019il n\u2019y a pas un risque que l\u2019Ethiopie impose un fait accompli en finissant son barrage avant la fin des n\u00e9gociations, Alaa Yassin explique que l\u2019important pour l\u2019Egypte est d\u2019avoir un document officiel et impartial pour porter l\u2019affaire devant la sc\u00e8ne internationale. Pour lui, ce changement de m\u00e9thode de la part de l\u2019Egypte est \u00ab\u00a0la seule voie respectable dont elle dispose pour prouver les d\u00e9g\u00e2ts\u00a0\u00bb caus\u00e9s par le barrage Renaissance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 7 ao\u00fbt 2015, le journal en ligne\u00a0<i>Al Monitor<\/i>, informe dans l\u2019<a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/www.al-monitor.com\/pulse\/originals\/2015\/08\/egypt-ethiopia-sudan-renaissance-dam-disputes-brl-deltares.html\" rel=\"external\">un de ses articles<\/a>\u00a0que le gouvernement \u00e9gyptien, au cours de la r\u00e9union multilat\u00e9rale du 22 juillet 2015, avait soumis aux gouvernements \u00e9thiopien et soudanais deux \u00e9tudes, non contraignantes. L\u2019une de ces \u00e9tudes soulignait que l\u2019\u00e9rection du barrage Renaissance allait contribuer \u00e0 faire baisser la production hydro\u00e9lectrique du barrage d\u2019Assouan. Toujours selon\u00a0<i>Al Monitor<\/i>, l\u2019Egypte serait \u00e9galement inqui\u00e8te des quantit\u00e9s d\u2019eau que pourrait perdre le pays durant la phase de remplissage du barrage Renaissance. La quantit\u00e9 d\u2019eau absorb\u00e9e par cette phase de remplissage pourrait, en effet, provoquer la perte de 3 millions d\u2019acres de terres et le d\u00e9placement de 5 \u00e0 6 millions de paysans. De leur c\u00f4t\u00e9, les deux bureaux de consultants, qui sont en r\u00e9alit\u00e9 le Fran\u00e7ais BRL et le N\u00e9erlandais Deltares, peineraient \u00e0 pr\u00e9senter un plan de travail qui r\u00e9ponde aux exigences de chaque Etat. L\u2019Ethiopie et l\u2019Egypte avaient eu des avis divergents sur le choix du bureau de consultants. Cela les avaient amen\u00e9s \u00e0 engager deux entreprises \u00e0 la fois, ce qui, aujourd\u2019hui, retarde le d\u00e9but des \u00e9tudes de faisabilit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De fait, le 20 ao\u00fbt 2015,\u00a0<a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/english.ahram.org.eg\/NewsContent\/1\/0\/138398\/Egypt\/0\/Renaissance-Dam-tripartite-committee-starts-meetin.aspx\" rel=\"external\">la huiti\u00e8me r\u00e9union du comit\u00e9 tripartie fut report\u00e9e<\/a>\u00a0au 5 septembre suivant, car les deux bureaux de consultants n\u2019avaient pas encore r\u00e9ussi \u00e0 se mettre d\u2019accord sur le plan de travail qui devait \u00eatre soumis \u00e0 la validation des trois gouvernements. Ce\u00a0<a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/english.ahram.org.eg\/NewsContent\/1\/0\/139823\/Egypt\/0\/Foreign-consultants-miss-Renaissance-Dam-deadline;.aspx\" rel=\"external\">nouveau d\u00e9lai<\/a>\u00a0ne fut pas, encore une fois, respect\u00e9 par les deux firmes. Malgr\u00e9 l\u2019incompr\u00e9hension du gouvernement \u00e9gyptien face aux retards des firmes, le ministre \u00e9gyptien r\u00e9affirme n\u00e9anmoins la volont\u00e9 de l\u2019Egypte de poursuivre la voie engag\u00e9e lors de l\u2019accord de principe et de mener \u00e0 bien ces \u00e9tudes. Le 10 septembre 2015, la firme n\u00e9erlandaise, Deltares, n\u2019ayant pas r\u00e9ussi \u00e0 se mettre d\u2019accord avec la firme fran\u00e7aise sur le partage du travail,\u00a0<a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/english.ahram.org.eg\/NewsContent\/1\/0\/140147\/Egypt\/0\/EXCLUSIVE-Dutch-Deltares-withdraws-from-studies-of.aspx\" rel=\"external\">annonce son retrait de ces \u00e9tudes<\/a>. Pour rem\u00e9dier \u00e0 ce contretemps,\u00a0<a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/english.ahram.org.eg\/NewsContent\/1\/0\/147558\/Egypt\/0\/Tripartite-meetings-on-Renaissance-Dam-to-resume-f.aspx\" rel=\"external\">il est pr\u00e9vu<\/a>\u00a0que le comit\u00e9 tripartite se retrouve, presque un mois apr\u00e8s le retrait de Deltares, le 5 octobre, pour continuer ces discussions. Cependant, la veille de cette importante rencontre, l\u2019Ethiopie demande un nouveau report de cette r\u00e9union.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis l\u2019accord de principe de mars 2015, les r\u00e9unions s\u2019encha\u00eenent sans succ\u00e8s alors qu\u2019une nouvelle \u00e9ch\u00e9ance arrive. Les travaux du barrage Renaissance sont presque arriv\u00e9s \u00e0 la moiti\u00e9 du projet et l\u2019Ethiopie devrait,\u00a0<a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/www.al-monitor.com\/pulse\/originals\/2015\/10\/egypt-sudan-ethiopia-renaissance-dam-studies-loopholes.html\" rel=\"external\">de mani\u00e8re imminente<\/a>, inaugurer la premi\u00e8re phase d\u2019exploitation du barrage en commen\u00e7ant \u00e0 le remplir. L\u2019ancien ministre \u00e9gyptien de l\u2019Eau et de l\u2019Irrigation, Mohamed Allam, toujours tr\u00e8s actif, accuse l\u2019Ethiopie de violer l\u2019accord de principe sign\u00e9 par les trois gouvernements. En effet, rappelle-t-il, l\u2019article 5 de cet accord stipule que l\u2019Ethiopie ne peut commencer \u00e0 remplir le barrage Renaissance que 15 mois apr\u00e8s le d\u00e9but des \u00e9tudes d\u2019impacts. Le gouvernement \u00e9gyptien, de son c\u00f4t\u00e9, dit croire que l\u2019Ethiopie respectera ses engagements et tente de convaincre la soci\u00e9t\u00e9 Deltares de ne pas renoncer \u00e0 participer ces \u00e9tudes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[1]Cette organisation r\u00e9gionale est n\u00e9e en 1999 et regroupe les dix pays situ\u00e9s sur le bassin versant du Nil, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019Egypte, le Soudan, l\u2019Ethiopie, le Sud Soudan, l\u2019Ouganda, le Kenya, la Tanzanie, le Burundi, le Rwanda et la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong>Wahel Rashid<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Retrouvez la suite\u00a0:<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"puce\" src=\"https:\/\/cedej-old.hybrid-cs.com\/local\/cache-vignettes\/L8xH11\/puce-32883.gif\" alt=\"-\" width=\"8\" height=\"11\" \/>\u00a0<a class=\"spip_out\" href=\"https:\/\/cedej-old.hybrid-cs.com\/index.php\/2016\/05\/25\/focus-le-partage-des-eaux-du-nil-entre-egypte-soudan-et-ethiopie-3\/\">Focus, Le partage des eaux du Nil entre Egypte, Soudan, Ethiopie (3)<\/a><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a9 Ang\u00e9lique Palle Cet article est la suite d\u2019une revue de presse th\u00e9matique.Retrouvez le premier article\u00a0:\u00a0&#8220;Focus, Le partage des eaux du Nil entre Egypte, Soudan, Ethiopie (1)&#8221; Le 23 mars 2015, l\u2019Egypte, l\u2019Ethiopie et le Soudan ont sign\u00e9, \u00e0 Khartoum,\u00a0un accord, consid\u00e9r\u00e9 comme historique, relatif au barrage Renaissance construit par Addis-Abeba sur le Nil bleu,&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":15265,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[56,61],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/cedej-old.hybrid-cs.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15258"}],"collection":[{"href":"https:\/\/cedej-old.hybrid-cs.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/cedej-old.hybrid-cs.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cedej-old.hybrid-cs.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cedej-old.hybrid-cs.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15258"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/cedej-old.hybrid-cs.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15258\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":16692,"href":"https:\/\/cedej-old.hybrid-cs.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15258\/revisions\/16692"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cedej-old.hybrid-cs.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/15265"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/cedej-old.hybrid-cs.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15258"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/cedej-old.hybrid-cs.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15258"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/cedej-old.hybrid-cs.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15258"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}